Je travaille à le perdre, et le perds à regret.

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du 27 avril au 30 juin 2013 Sa, Di à 18h à l'AKTÉON-THÉÂTRE (vus au festival d'Avignon 2008)

 
"Ballon blanc (Le)", de et avec Grégoire Aubert Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Fanny INESTA   
10-07-2017

"Ballon blanc (Le)", de et avec Grégoire AubertLe Ballon blanc à L'arrache cœur (relâche les 10, 17 et 24 juillet)

Une plongée dans l'enfance

Quarante ans ont passé. A l'heure où les souvenirs surgissent, un homme se retrouve dans la maison de son enfance. « Marcher droit », la phrase fétiche de sa mère lui revient en mémoire, trajectoire imposée, ligne directrice qui a conduit sa vie.

Mais surgit un jouet délaissé, oublié qui se rappelle à lui, c'était son ami, son meilleur ami. Il lui reproche son absence, mais malicieux et délicat il virevolte, le bouscule, lui réapprend à jouer. C'est l'itinéraire de ses rêves d'enfants, de ses espoirs et de ses déconvenues.

Ses parents ne sont pas des modèles d'amour, tout ceci n'est pas idéal ! Une famille séparée, l'emprise d'une mère dure et exigeante envers son fils, un père en général absent, représenté sous la forme d'un visage triste et endormi, une référence aux masques Nô.

Les problèmes de la société sont traités avec intelligence, humour et tendresse. Rendre conscients les enfants de leurs droits, leur dire que tout peut changer même s'ils ont souffert, que rien n'est définitif.

Et au dessus de tout cela il y a notre moi intérieur, le ballon blanc, ce supplément d'âme qui nous habite, que l'on oublie parfois, qui se révèle. Sur la scène, beaucoup de blanc, vouloir redonner au monde des teintes pures et innocentes.

Mais  elle est séparée en deux univers, d'une part celui du jeu et d'autre part celui des codes placés de part et d'autre de la ligne blanche cette direction exigée, cette barrière. Et il y a ce jouet auprès duquel il peut se réfugier dans son nid douillet ou il faisait bon vivre.

L'utilisation très ingénieuse des accessoires renforce le décalage entre l'imaginaire et le réel, tels la part d'enfance qui sommeille. L'accordéon accompagne les moments tendres, donnant une dimension supplémentaire.

Avec beaucoup de délicatesse, l'écriture de Grégoire Aubert est toujours juste, lucide, audacieuse et moderne.Il apporte ce brin de magie ou nous nous laissons porter. Un texte savoureux, drôle et émouvant. Il joue son personnage avec brio et les enfants ne s'y trompent pas !

La comédienne est sidérante de fraîcheur et de justesse, une âme pétillante et espiègle.

La maîtrise du metteur en scène Lucia Pozzi n'est plus à prouver, c'est subtil , bien construit avec un rendu parfait.

Un spectacle pour tous qui fait réfléchir les parents et rêver les enfants, le public a longuement applaudi, et tous sont repartis avec un joli ballon blanc.

Ils jouent jusqu'au 30 juillet, ne les manquez pas, ce serait dommage !

avec Axelle Abela et Grégoire Aubert, mise en scène Lucia Pozzi, scénographie Jean-Bernard Tessier.

 
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