Accueil arrow Vos annonces arrow "On ne voyait que le bonheur", de Grégoire Delacourt, Grégori Baquet

Et je voudrais souvent n'avoir pu rien entendre,

Ou n'avoir vu personne, ou n'avoir point parlé.

(P. Corneille) 

 
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"On ne voyait que le bonheur", de Grégoire Delacourt, Grégori Baquet Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
16-07-2017

"On ne voyait que le bonheur", de Grégoire Delacourt, Grégori BaquetAtelier Théâtre Actuel, 80 rue Guillaume Puy, à 10h15 (relâches les 19 et 26) - scéances supplémentaires les 18 et 25 à 11h50

Quand on ne voit que le bonheur il cache parfois bien du malheur...

Une pièce à couper le souffle.

Quand on lit le propos on se dit tout de suite... mais dans quel bourbier il est allé se mettre, en pensant à l'adaptateur/metteur en scène/acteur... quelle situation monstrueuse, quelle poisse !!!!.

Le récit se déroule. Au début ça va : l'histoire de cet expert des assurances qui un jour prend le parti de l'assuré, juste un fois pour avoir le sentiment d'exister... c'est la chute qui l'attend, une chute vertigineuse, plus de travail, une vie familiale en décomposition, des enfants qui le méprise... la totale.

Alors sa seule issue à ses yeux : se supprimer et ses enfants avec. Il commence par sa fille, la défigure et ne poursuit pas, trop maladroit. Il va en prison et cherche à se reconstruire. Sa fille de son côté nourrie de haine pour son père essaie aussi de se reconstruire, mais elle au moral comme au physique.

Dans cette horreur, c'est le combat pour exister et une marche hésitante enfin vers le pardon. Mais peut-on pardonner un tel acte ?

Grégori Baquet dont on a apprécié le jeu à plusieurs reprise dans d'autre pièces nous entraîne dans les méandres d'un individu que nous repoussons au départ, que nous ne pouvons cautionner et pourtant... Face à lui Murielle Huet des Aunay est sa fille défigurée, une jeune fille traumatisée, qui tente peu à peu, pas à pas, de se refaire, pas seulement au physique. Lente marche de deux individus, de deux personnages qui sont très loin l'un de l'autre, chacun dans sa douleur intérieure. Ils tentent de se reconstruire, les plaies sont là visibles... seul le pardon peut tout cautériser.

Grégori baquet est un père rongé par la douleur, un être en instance, en suspend dont la vie est si tenue, un si mince fil qui flotte au vent.
Murielle belle jeune fille encore marquée dans sa chair se bat comme une forcenée pour arriver à retrouver le goût de la vie, pour arriver à oublier et vivre.

Une pièce très dure mais si bien jouée et si bien mise en scène que l'on reste là à la regarder les yeux embrumés, la gorge sèche. C'est beau...

Quand les lumières s'éteignent, un léger silence et un fracas d' applaudissements, debout, la salle debout a applaudi à s'en rompre les mains. C'était oh combien mérité.

d'après le roman de Grégoire Delacourt, adaptation et mise en scène Grégori Baquet, avec Murielle Huet Des Aunay et Grégori Baquet

Lumières Laurent Béal, musique Frédéric Jaillard, costumes Sarah Colas, chorégraphies Béatrice Warrand

 
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