Accueil arrow Vos annonces arrow "Dernier cèdre du Liban (Le)", d'Aïda Asgharzadeh

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

(P. Corneille)

 
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"Dernier cèdre du Liban (Le)", d'Aïda Asgharzadeh Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
16-07-2017

"Dernier cèdre du Liban (Le)", d'Aïda AsgharzadehCondition des Soies, 13 Rue de la croix, à 13h25 (relâche les 17 et 24)

Un hommage aux reporters de guerre.

Une mise en scène de Nikola Carton dans la lignée du grand Peter Brook, avec une scénographie des plus réduite : deux sièges, quelques portes manteaux, un plan surélevé.

Deux acteurs, un homme et une femme avec chacun quelques vestes à enfiler pour changer de personnage.

Les deux comédiens sont fabuleux, Magalie Genoud interprète la mère et la fille. Azeddine Benamara fait une foule de personnages : l'éducateur, des gamins de la zone, pisteur, etc... ils sautent d'un rôle à l'autre dans un claquement de doigt, juste le temps d'enfiler un blouson.

Le texte d'Aïda Asgharzadeh est génial.

C'est l'histoire d'une reporter photographe qui court les conflits comme si elle courait après sa vie. Son cœur ne bat que là. Un jour elle tombe enceinte, mais ne perd pas le temps avec cet événement, elle dépose sa fille dans une institution et repart sur les routes mitraillées.

Sa fille a grandi et elle est à présent dans un institut spécialisé pour délinquants. Car sans parents c'est pas facile d'exister et un jour elle va recevoir son héritage : un magnéto et des cassettes que sa mère a enregistrées.

Cette pièce vous prend aux tripes comme c'est pas possible, on suit cette femme derrière sa raison d'être au milieu du fracas des armes, On pense à tous ces journalistes qui risquent leur vie tous les jours pour rapporter l'information des zones en guerre au péril de leur vie. On suit Anna dans sa course folle que seule une balle peut arrêter. On suit Eva sa fille dans sa difficulté d'être, qui enfin un jour va comprendre et surement changer... il est encore temps.

C'est très beau dans la douleur, des pointes d'humour parfois, des craintes... mais un récit qui ne nous lâche pas, dans une mise en scène exceptionnelle qui fait tout passer. C'est un travail énorme qui nous plonge dans le théâtre, le vrai...

Les spectateurs étaient conquis dès les premiers applaudissements ils se sont levés tous et n'ont arrêté que parce qu' un autre spectacle suivait. Quelle belle pièce. On m'avait dit tu verras ce sera un coup de coeur du festival et assurément c'est un pièce majeure de ce festival.

mise en scène de Nikola Carton, avec Magali Genoud et Azeddine Benamara, scénographie et lumière Vincent Lefevre, création sonore Chadi Chouman, costumes Clémentine Savarit

 
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