"ARK TATTOO", de W. David Hancock
Écrit par Claude KRAIF   
20-07-2015
"ARK TATTOO", de W. David HancockHors les murs du Théâtre des Carmes - au Garage de la Providence du 4 au 26 juillet 2015

Cie Elapse

Traduction et Mise en scène : Nick Millet et Chris Mack

Avec Nick Millet

A quoi assistons-nous en entrant dans cette caverne d’Ali Baba. Un spectacle ? Peut-être, si l’on considère comme un spectacle, le temps qui passe, l’accumulation des histoires, l’écume des jours pour paraphraser Boris Vian ?

La réponse serait, que ceci n’est pas un spectacle. C’est une rencontre, un échange amical, un théâtre sans projecteurs, sans vidéo, un road movie du temps qui passe où la fiction joue avec la réalité. Où la mémoire se met au contact, dans une boutique de souvenirs. Où tous les moments de l’existence, entassés dans un vide-grenier, décident de revenir comme un éternel retour. Le tout jeté en vrac dans un garage, des objets sans valeur, sauf celle d’avoir fait un jour partie d’un moment de vie. Là une poupée, une petite voiture, une canne à pêche, un morceau de métal rouillé, il y en a mille de ces objets. Chacun contient une histoire résumé sur un bout de carton fatigué par des années de relecture.

Nick Millet nous raconte avec son accent américain, on pense à Kerouac, à Henry Miller. Il a l’air d’un baroudeur avec ses grosses moustaches. Il a un regard d’enfant étonné. Le personnage est amnésique suite à la prise de médicament. Quand il prend un objet, le souvenir lui revient intact, aussi vivant que si l’évènement venait de se produire. Il le découvre comme un témoignage. Le témoin c’est l’objet qu’il nous donne, mieux encore qu’il nous vend pour recycler les meilleurs moments. On suppose qu’il n’a gardé que ceux-là ?

Pour résumer : les objets inanimés ont une âme, assurément !