"Luis de la Carrasca trio"
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
24-03-2016

Luis de la Carrasca trioLuis de la Carrasca trio

Théâtre du sablier

Cours Aristide Briand à Orange (84)

samedi 12 mars 20h 

Au Théâtre du  Sablier à Orange le 15è festival andalou

Comme une bulle de fraîcheur...

Une soirée toute en délicatesse, juste deux musiciens et un chanteur pour présenter le flamenco.
Une promenade dans le Sud de l’Espagne, dans les rues de Grenade et de Jerez, le berceau de cette musique dont on dit qu 'elle est jouée les soirs de fête pour se défouler, pour se donner le droit de vivre, pour exister.

Pourtant tant de tristesse et de douleur dans les textes et dans la voix. Ce sont des appels, des incantations surgies du tréfonds de l'âme du chanteur, qui ne sont pas étrangers à la vie sur cette terre ingrate. Moments intenses que l'on partage bien lorsqu'on est proche les uns des autres pour atteindre « le duende », cet état magique.

Dans la salle du Théâtre  du  Sablier de Prosper Driss, il y a un cocon qui se forme entre les musiciens et les spectateurs. Ils sont presque côte à côte et peuvent se retrouver dans cette escapade espagnole.

Luis de la Carrasca accompagné de son fidèle guitariste Jose Luis Dominguez avait invité ce soir là  un jeune violoniste Diego Vargas aux lamentos profonds. Formation peu orthodoxe et pourtant la plainte du violon se mêlait si bien à la voix et à la guitare. Toujours émouvante cette musique fort bien placée dans un décor décrit en peu de mots par un Luis ému lors de certaines évocations.

On est bien loin des airs des Gypsy King et autres Kendji Girac, là on a un chant qui n'est pas une décoration de papier, une espagnolade - on est dans une musique qui prend aux tripes, qui a un sens.

On est derrière ces Andalous oppressés par leurs propriétaires terriens, ces gens qui n'ont rien - juste parfois une guitare et le coin d'une table pour battre la cadence.

Luis en parfait ambassadeur de ses terres andalouses nous entraîne avec simplicité et humilité dans des sentiers arides qui deviennent d'une richesse inouïe. Plus besoin de danses et de robes à volants, plus besoin de taconéo, seules les notes des instruments en harmonie, en communion et la voix du chanteur qui mène le jeu se suffisent pour nous entrainer dans l'escapade.

Ce fut une magnifique soirée qui va être suivie par d'autres avec tout autant de bonheur.

Du 10 au 20 mars  à Avignon et dans des villes proches.