« Les hérétiques » un spectacle sur les sorcières et l'Inquisition...
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
21-10-2016

« Les hérétiques » un spectacle sur les sorcières et l'inquisition qui nous plonge dans une actualité brûlante.

En clôture du festival du Balcon du Ciel par Interface

Derrière des grilles, deux inquisiteurs, interprétés par Paul Patin et Thomas Laubacher, plus loin dans le fond, Marie-Madeleine Pazzi incarnée par Daphné Rhéa Pelissier et au centre la sorcière Géraldine Lonfat.

Marie-Madeleine Pazzi issue d'une grande famille florentine est une sainte béatifiée peu après sa mort tant sa vie fut exemplaire dans la religion catholique.Nous sommes à la fin du Moyen Age dans cette période marquée entre autre par l'Inquisition. Dans une prison, une femme est accusée de sorcellerie, elle subit alors bien des tourments et bien des souffrances. La femme crie son innocence, mais plus elle démontre qu'elle n'est pas une sorcière, plus les inquisiteurs s'en servent pour prouver ce qu'ils affirment, qu'elle est possédée du démon. La boucle est vite bouclée, l'issue certaine.

On retrouve ce propos en fait dans notre époque avec les affirmations des islamistes, avec les tenants de nos idéologies, avec  nos démocraties qui sous l'affirmation de la défense de l'être envoient des bombes sur les têtes des innocents.

Interface a encore créé un spectacle total où les musiques d'André Pignat, sa mise en scène, la chorégraphie et la danse de Géraldine Lonfat, le jeu des comédiens tressent un récit très violent où se heurtent convictions, réalités, pensées généreuses et absurdité d'ordres établis.

Dans cette violence verbale, la musique envoûtante, la danse est là comme la fuite d'un monde impossible à vivre, elle se déchire aux mots, se heurte aux évidences, s'envole pour tenter  de survivre. Géraldine Lonfat avec toute la grâce qui la caractérise nous emmène dans sa souffrance.

Mais les mots sont toujours là dans leur barbarie extrême, pourtant proférés par des religieux , des garants de l'Humanité. C'est là, la gravité de la situation, ce sont ceux qui devraient protéger les peuples qui  les détruisent. C'était la fin d'un monde, mais la barbarie est pourtant toujours là des siècles plus tard.

Avec Interface ce ne sont pas seulement des mots, des pas et des musiques, c'est un esprit, une affirmation, une prise de position.

D'ailleurs ce spectacle clôturait le festival du Balcon du Ciel et s'ouvrait sur la perspective d'une action basée sur l'écologie « Green mobility », avec plusieurs partenaires pour faire en sorte que dans cette vallée on n'utilise entre autres, que les véhicules électriques. Beau projet.

« Les hérétiques » un spectacle sur les sorcières et l'Inquisition...
The Decay Show - Louis Thomann