"Humanité plage (L')", de Stanislas Cotton
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
30-01-2017

"Humanité plage (L')", de Stanislas CottonQuand la plage est encore sous les pavés, faut songer à creuser un peu

Dans le cadre du Fest'hiver 2017 au Balcon

« L'humanité plage » un titre accrocheur, un propos actuel, très actuel. La terreur, la guerre, l'extrémisme, le radicalisme, la violence envers l'enfance... le chaos qui nous ronge en fait, comme une position inconfortable qui nous mine.

La mise en scène de Laurent Ziveri est juste, appropriée, sans presque aucune fausse note, les éclairages sont intelligents, fins subtils... le climat est créé.

L'acteur Thierry Belnet est excellent dans son rôle de comédien, de porteur de parole, de témoin.

Alors tout est réuni pour porter une pièce d'exception... mais ce n'est pas le cas.

Stanislas Cotton a écrit un texte désordonné, on a l'impression qu'il a mis ses idées dans un sac, à remué et tout renversé au sol pour puiser ses phrases. Il dit d'ailleurs et là en comprend mieux ainsi sa pièce, « l'écriture est pour moi un acte de jouissive indiscipline ? A quoi bon l'ordre... »

En sus c'est gênant de se retrouver dans un théâtre abandonné où toutes les ouvertures sont barricadées... comment les spectateurs sont ils entrés ? Si on veut parler du réel il faut un minimum de réel !

Cerise sur le gâteau , le texte est dit avec une musique jouée en continu sur scène par un guitariste de talent mais dont on n'a pas apprécié les grincements et gratouillements. On est plus près de l'illustration sonore que de la musique, c'est parfois dur à entendre, il est même de moments où on a besoin de respirer de prendre un peu d'air et cette « musique » nous étouffe, nous écrase...

C'est vrai que le propos et les intentions sont très louables, c'est vrai que la parole est une arme... Paco Ibanez l'a chanté assez souvent mettant en musique le texte de Gabriel Celaya.

Mais même si parfois on est dépassé, témoins sans parole d'injustice notoire, de crimes avérés, même si la route est longue et jonchée de chausses-trappes, même  notre rôle d'humains est de réagir avec nos armes, on ne croit plus en son personnage qui se perd dans ses propres élucubrations.

On est sortis frustrés, frustrés par ce temps perdu cette énergie mise au placard pour un propos qui nous tenait tant à cœur et qui se dissipe dans les mots.

Tant et si bien qu'à la fin quand vient le noir un moment de flottement, personne n'applaudissait... était-ce une panne de courant ?? On ne croyait pas en la fin à ce moment-là...

Avignon Théâtre du Balcon à 21h