"Amante anglaise (L')", de Marguerite Duras
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
14-07-2017

"Amante anglaise (L')", de Marguerite DurasThéâtre du Chien Qui Fume, 75 rue des Teinturiers à 15h45 (relâches les mercredis)

Un thriller dans une unité de lieu.

Tiré d'une histoire vraie, la tentative d'explication d'un meurtre.

Claires Lannes a commis un crime odieux, on a découvert des morceaux du corps de sa victime dans plusieurs trains, sauf la tête qui est demeurée introuvable.

Tout au long de la pièce un enquêteur essaie de trouver des explications, des justificatifs au drame en interrogeant son mari et elle, la meurtrière.

On avance peu à peu lors de l'interrogatoire du mari qui se prête volontiers au jeu, qui essaie d'aider au maximum l'enquêteur, car sa vie ne fut pas un rêve aux côtés de cette femme pour le moins curieuse.

La meurtrière n'est pas dans une attitude de regrets, ni de peine, rien, elle est dans ses baskets et défend pied à pied sa position, répondant quand elle en a envie et uniquement dans ces cas-là.

Marguerite Duras a été fascinée par la personnalité de Claire Denis, par sa folie. Comment comprendre cette femme qui mène une existence sans accrocs, qui est assez transparente, que l'on ne peut qualifier ni d'intelligente ni d'imbécile. Qui surprend tout son entourage, qui étonne tout le monde.

La mise en scène est sobre à l'extrême. Pour tout décor un bureau et trois sièges, et justement c'est cet essentiel qui donne toute sa place aux personnages, qui les laisse s'exprimer.

Judith Magre incarne à merveille Claire Denis avec beaucoup de réalisme et d'humour dans une allure d'icône sortie de son tableau.

Jacques Frantz est le mari, assez dépassé par les évènements, qui ne comprend pas bien les motifs du meurtre, qui ne comprend pas du tout sa femme en fait, on dirait qu'il la découvre, qu'il est écrasé par le scandale.

Jean Claude Leguay est l'enquêteur, qui mène ses interrogatoires avec calme et sans brusquerie, il détient des clés, mais laisse la bride sur le coup à ses interrogés.

Un beau trio en quête de vérité, mais la vérité surgira-t-elle ??

En tout cas, la tête... on la cherche encore.

mise en scène Thierry Harcourt, avec Judith Magre, Jacques Frantz et JeanClaude Legay

lumières Jacques Rouveyrollis, costumes Victoria Vigneaux