"Roméo & Juliette", de William Shakespeare
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
22-07-2017

"Roméo & Juliette", de William ShakespeareThéâtre de L'Oulle, 19 place Crillon, à 18h25

Un grand classique qui a pris un air de jeunesse.

Roméo et Juliette toujours du grand art.

La pièce de Shakespeare est connue de tous, tant les personnages principaux servent de références dans les relations amoureuses. On se souvient de la rivalité des Capulet et des Montaigut ces familles ennemies depuis la nuit des temps et personne n'a oublié l'amour entre Roméo et Juliette.

La compagnie Viva présente une pièce excessivement rafraîchie.

Si l'histoire et le texte sont conservés, la mise en scène apporte un beau renouveau.

L'idée géniale d'utiliser des immenses baies vitrées sur roulettes pour servir de cloisons, délimiter des espaces, selon les lumières utilisées, chaudes ou froides créent un climat différent, une ambiance autre.

L'humour est très présent, contrepoint à la tension dramatique, il intervient très fréquemment alors qu'on est dans une pure tragédie. Mais il interfère comme dans la vie en fait, tout se mêle, le rire comme les larmes.Ainsi par exemple c'est un homme qui joue la mère... mais c'est loin d'être l'humour le plus intéressant.

Sinon l'amour entre Roméo e Juliette devient rapidement l'axe de la pièce, la tension première. C'est amour que l'on sait impossible et que tout concours à le rendre impossible.

Il faut noter que tous les acteurs sont excellents, justes et mesurés. La mise en scène d'Anthony Magnier est vive, bien menée.

On sait combien la chute sera brutale, on sait l 'amour impossible comme s'il était posé dès le début de la pièce et pourtant on suit leur liaison fatale de bout en bout. On se laisse emparer par leurs pulsions, leur folie. Car il y a un semblant de folie dans leur liaison mais qui n'est pas de leur seul fait ,les parents y ont aussi leur part. Freud a dû se délecter de cette pièce.

La présence d'un batteur qui est là pour ponctuer, délimiter les espaces, créer les climats, il donne un recul, une dimension au spectacle.

On a beaucoup aimé.

Mise en scène adaptation et scénographie d'Antony Magnier, avec Axel Drhey, Magalie Genoud, Benjamin Egner, Vanessa Koutseff, Sandrine Moaligou, Lauri Lupi, Lionel Pascal

Lumières Marc Augustin Viguier, Batterie Axel Hache, Costumes Melisande De Serres et Claire Bourbon.