"Rien à dire", de Léandre Ribera
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
22-07-2017

"Rien à dire", de Léandre RiberaThéâtre de l'Oulle, 19 place Crillon, à20h35 (relâche les 10, 17, 24)

« Rien à dire » mais de la poésie à la pelle, un moment de pur bonheur.

Un sommet dans son genre.

Léandre est un clown du 21è siècle, il a installé sa maison sur la scène, toute la scène, un univers d'harmonie de couleurs pastel. Il amène avec lui des lumières indomptables, des tiroirs sans fond, des portes qui s'ouvrent et se ferment seules, des boîtes qui n'obéissent à personne, une table qui bascule, une machine à laver impressionnante et des chaussettes par milliers dans tous les coins et sur la scène...

Léandre nous accueille chez lui dans cette maison magique, et nous partageons son univers un moment, un si court moment. On assiste à sa vie qui est un combat quotidien contre les éléments : le vent notamment avec une violence inouïe et contre les objets qui semblent dotés d'intelligence, qui nous surprennent sans cesse. Léandre est seul, bien seul même si sa porte est grande ouverte dans son monde empli de poésie où tout prend un autre sens. Il nous accueille les bras grands ouverts, nous offrant le peu qu'il a, partagent tout, même sa chaleur.

Il a un regard baigné d'une tendresse matinée de tristesse, et veut offrir à tour de bras le meilleur de ses sentiments à qui veut les recevoir. Un visage taillé à la serpe, des habits trop grands qui flottent autour de lui, une allure de personnage de films du muet.

Son spectacle est d'une très grande originalité, il fourmille de trouvailles surprenantes.

Le temps n'a plus de sens avec lui, on est dans une bulle , dans un cocon douillet et on ne veut plus en partir.

Malgré sa misère, rien n'est misérable, tout est magique, tout devient possible,les objets participent au rêve, dans une belle harmonie de couleurs.

On a l'impression avec lui que la vie peut être autre, que les tracas peuvent s'envoler, que les contraintes peuvent s'effacer. Il est vrai ce personnage lunaire, vrai comme un dessin dans un cahier, vrai comme une image sur un livre.

Vous serez captivés par son spectacle, si inventif, des inventions à tout instant, de la poésie en veux-tu en voilà, si bien que les lumières éteintes la salle d'un seul bloc s'est levée et a applaudi à s'en rompre les doigts, on a applaudi longuement... fin d'un moment magique que l'on aurait voulu faire durer plus longtemps...

J'ai adoré.

Attention réservez c'est plein tous les soirs.

Mise en scène et interprète Léandre Ribera, dessin scénographie Xesca Salva, constructeur scénographie Taller de Lagarto, lumière Marco Rubio, musique Victor Morato, régie Albert Vizcarro.