"Baie des anges", de Serge Valletti
…crit par Jean-Michel GAUTIER   
22-07-2017

"Baie des anges", de Serge Valletti11Gilgamesh Belleville, Boulevard Raspail, à 13h45

Une pièce de Valletti un peu déroutante.

Mais un magnifique spectacle.

Baie des Anges, on croirait le titre d'un film d'autant plus que dès le début de l'histoire on a l'impression d'être au cinéma et de suivre un polar bien noir. Puis le spectacle va devenir théâtre en devenir, c'est à dire que la pièce est construite comme une oeuvre qui se construit. Les acteurs arrivent parlent avec le metteur en scène, puis les scènes sont jouées avec musiques et lumières que l'on croit faites en direct.

Valletti a voulu mélanger l'intrigue, et de se fait on perd pied parfois, car on va de rebondissements en rebondissements.

On a Gérard qui veut créer une pièce en hommage à un ami qui s'est donné la mort.

C'est un être curieux, violent, passionné, mais trouble. Il convoque des comédiens, Armand et La fille et les répétitions commencent, mais le problème est que leur vie va se mêler avec leurs personnages. Cela forme un récit parfois dur à démêler. Le spectateur assiste à tout le travail de la mise en scène mixée à la vie, au souvenir dans une atmosphère de film noir américain grâce aux éclairages et au décor. On se croirait dans une maison abandonnée, que l'on ouvre pour les besoins de la pièce, dedans, meubles et cartons sont entassés mais vont participer à la création... mais au fait de la quelle, celle que l'on crée ou celle qui est jouée on se demande parfois??? Car sans cesse dans cette pièce on va d'un côté à l'autre sans prévenir c'est d'une originalité folle, mais cela donne le tournis, on se pose sans cesse des questions. Cependant la pièce avance et se termine même.

Ce n'est donc pas facile à suivre, mais c'est un spectacle fort agréable à écouter et regarder, l'interprétation est remarquable, David Ayala incarne Gérard le metteur en scène avec une prestance étonnante, ses coups d'éclats sont de vrais tremblements de terre.

Nicolas Rappo est Armand, et Josephine Garreau, La fille, sont les deux comédiens qui se débattent dans la mise en scène de Gérard. Il sont magnifiques tous les deux.

La mise en scène de Hovnatan Avédikian est fine, délicate, il fait glisser avec habileté les morceaux de présent avec les extraits de la pièce, il mêle le tout avec une habileté remarquable.

La scénographie de Marion Gervais participe au jeu de façon exemplaire, car le décor sème tout de suite le doute où sommes nous en fait ?

Un beau spectacle.

Mise en scène Hovnatan Avedikian, avec David Ayala, Josephine Garreau et Nicolas Rappo

Scénographie Marion Gervais, lumières Stéphane Garcin, son Luc Martinez