"Un jour ou l'autre", de Linda Mc Lean
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
23-07-2017

"Un jour ou l'autre", de Linda Mc LeanArtéphile à 14h10 (relâche les 12, 19, 26)

Quel bijou !!! une pièce à tiroirs... magnifique !

Un intérieur des plus désuet, peu de meubles, peu de lumière, tout est exigu, ratatiné pourrait on dire, c'est un peu oppressant. Mais les personnages, un homme et une femme vont nous porter tant ils sont sympathiques, fragiles... très fragiles.

Très vite à les entendre on comprend qu'il sont bloqués par leurs peurs en tout genre mais surtout peur de l'extérieur, alors il s'enferment osant de temps en temps jeter un œil par la fenêtre mais lumières éteintes pour ne pas être vus.

On l'a compris ils sont limités mais attendrissants, c'est un vieux couple, il protège au mieux sa femme en mettant en place des dispositifs de sécurité, des rituels pour l'esprit de sa femme qui à tendance à se faire la malle. Ils vivent dans l'attente de leur nièce qui vient les visiter une fois par semaine. Cet équilibre précaire va fonctionner jusqu'au jour où...

Deuxième tableau, un langage différent, c'est vif, dense. Nous sommes dans un bar au moment de la fermeture, le patron reçoit un message pour son employée, message positif qu'ils décident de fêter et de partir à la mer, elle appelle son oncle et sa tante pour leur signifier qu'elle ne viendra pas.

On est retourné, la claque... les sous entendus ont fonctionné, les deux histoires ne sont qu'une. Les peurs de la tante, les craintes de la nièce...

Les acteurs sont magnifiques, André le Mir dans le vieux monsieur Bill est confondant de gentillesse, précis dans ses attitudes, il dégage une belle empathie... je ne vois pas en lui un débile, bien au contraire.

Line Wiblé en Bertha est irrésistible, drôle, traumatisée par ses tocs, c'est une femme un peu débile il est vrai, sénile, mais si attachante.

Sarah Vermande en Jackie est la serveuse d'occasion car en fait elle est infirmière, femme seule qui élève un fils malade, écorchée vive, c'est la nièce.

Eric Herson Macarel en Dave est un patron de bistrot sympa mais qui aimerait bien s'envoyer en l'air avec son employée...

Tous deux sont très bien dans leur rôle.

La mise en scène de Blandine Pélissier s'appuie sur une scénographie et des lumières parfaites, l'univers est sombre, étriqué, on manque d'air comme les héros de la pièce.

Une spectacle en deux parties, un diptyque, où l'écriture est différente dans chacun pour renforcer le sens, deux parties qui se rejoignent pour éclairer le tout... mais on avait compris.

C'est très bien. A voir... il reste encore quelques jours et Artéphile a bien pris de la distance par rapport au Bourg-Neuf, c'est bien mieux et surtout plus propre.

Belle programmation.

Mise en scène Blandine Pélissier, avec Line Wiblé, Eric Herson-Macarel, Sarah Vermande et André Le Hir

Lumières Xavier Duthu, Scénographie, costumes Sophie Beau -Blache, Son Phil Reptil