"Jaz", de Koffi Kwahulé
Écrit par MD   
27-07-2017

"Jaz", de Koffi KwahuléJaz à 19h à la Chapelle du Verbe Incarné

(avec un seul Z pour marquer l’amputation irrémédiable que l'on ressent après l'expérience traumatique du viol)

avec Ludmilla Babo et le Mister Jazz band

mise en scène Alexandre Zeff

On ne sort pas indemne de ce spectacle. La violence du texte qui ne fait aucune concession est transcendée de toute part par la musique du jazz band, l'actrice chanteuse tout à fait extraordinaire, la mise en scène qui concentre le regard et enfin la lumière qui sublime le tout !

Un spectacle qui rassemble sans doute beaucoup de moyens financiers et qui concurrence froidement certains petits spectacles du off. Est-ce que le festival va se concentrer à l'avenir vers les plus belles salles du off où le public afflue avec bonheur ?

Koffi Kwahulé nous fait d'abord entrer dans la puanteur d'une sanisette. Pour ensuite grâce à son écriture ciselée et vive comme le couteau menaçant du violeur nous transpercer de douleur. Il interroge aussi le spectateur à plusieurs reprises. La comédienne ne doit pas parler d'elle-même. Oui le viol ne concerne pas que la victime et déborde largement dans notre société. La libération par le coup de feu de Jaz pour tuer son agresseur se révèle avec la force du jazz qui prend ici tout son sens d'émancipation et de revendication. Les musiciens d'abord à l'arrière scène entourent la comédienne. Puis c'est le final qui est comme une fusion de tous les éléments du spectacle qui font vivre au spectateur une immense expérience d'intensité et de beauté.

C'est fort à tout point de vue !