"Choix des âmes (Le)", de Stéphane Titeca
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
27-07-2017

"Choix des âmes (Le)", de Stéphane TitecaLa Luna, 1 rue Séverine à 15h45

Ils sont deux, deux soldats de la première guerre mondiale chacun de son côté à proximité des tranchées, le Français dit à sa mère, à qui il écrit, qu'il est là pour venger ses frères déjà tués au combat, sa haine farouche envers l'ennemi. L'Allemand dit à sa femme dans des lettres très tendres mais où il cache la misère dans laquelle il se trouve combien il l'aime. C'est un violoncelliste, pas un militaire. Ils n'ont rien en commun, l'un est de la campagne, il s'occupait de la ferme familiale, l'autre de la ville, il a voyagé, fait des concerts...

Soudain une explosion et les voilà tous deux au fond d' un trou d'obus, l'Allemand est armé et blesse le Français à la jambe, mais il ne veut pas le tuer, ils ont besoin l'un de l'autre pour sortir... ils vont essayer de cohabiter autour du violoncelle de fortune fabriqué par l'Allemand. Il vont peu à peu oublier leurs peurs, mettre de côté leur haine, essayer de construire une espèce de vie au milieu des troupes dans leur trou dont ils n'arrivent pas à s'extraire.

C'est une belle fable où les hommes choisissent l'amour plutôt que la barbarie, où les hommes redeviennent humains dans cette guerre qui ne l'a jamais été.

Peu à peu le soldat allemand va humaniser le Français lui apprendre autre chose, lui qui ne sait rien de la vie à part sa ferme.

On sent cette montée progressive, dans ce milieu absolument clos, cette montée des êtres au milieu du champ de bataille, du néant.

La scénographie de Danielle Marchal est fort belle, elle plante bien le sujet de façon très réaliste. Les lumières et l'ambiance sonore de Guillaume Druel sont sans faille. Tout est là pour recréer les éléments où le discours peut s'installer. Où derrière le soldat l'homme va prendre place et laisser de côté sa dépouille.

Une belle leçon d'humanité universelle et intemporelle.

Si la mise en scène est magnifique, les acteurs sont saisissants de vérité. Que ce soit Alexis Desseaux qui incarne un violoncelliste d'une belle grandeur d'âme ou Stéphane Titeca dans le rôle du paysan un peu demeuré. Ils sont magiques, on les suivrait encore longtemps tant leur jeu est merveilleux.

Un petit bijou, une belle découverte.

Avec Alexis Desseaux et Stéphane Titeca ; mise en scène Valérie Lesage ; scénographie Danielle Marchal ; ambiance sonore et lumières Guillaume Druel.