"Avenir dure longtemps (L')", de Louis Althusser
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
27-07-2017

"Avenir dure longtemps (L')", de Louis AlthusserThéâtre des Doms, 1 rue de Escaliers Ste Anne à 10h30

Une fulgurante plongée dans l'âme humaine

La quête de vérité d’Althusser

Louis Althusser, est un brillant philosophe français qui a eu la particularité de passer par bien des séjours en hôpital psychiatrique au cours de sa vie.

Jusqu'au jour où il avoue avoir étranglé son épouse, la sociologue Hélène Rythmann, sous le coup d'une crise de démence.

Ses propos dans son livre « l'avenir dure longtemps » sont on ne peut plus explicites, il était avec sa femme quand il s'est rendu compte qu'il venait de l'étrangler et qu'il ne s'en était pas aperçu. Il cherche comme tout cela a pu se produire, il veut comprendre.

Une heure durant dans un décor d'interrogatoire, il va chercher à expliquer son geste.

Une grande introspection, une plongée dans l'âme humaine. Il est désemparé et désarmant dans sa simplicité, dans son étonnement face à son geste incompréhensible tant pour lui que pour les autres.

L'interprétation de Angelo Bison est époustouflante, son regard hagard, sa fixité, on le sent écrasé par une charge qui le dépasse, par un geste au-dessus de son entendement. Il veut comprendre, mais rien à faire, il ne comprend rien, il est un être fragile, dépassé. Angelo Bison fait passer tout cela à merveille, il est habité, son regard exorbité le rend d'une fragilité absolue.

La scénographie ajoute au récit par ce dispositif de prise de vue au centre duquel il se trouve. Par contre derrière une très belle fenêtre qui prend toute la scène où des images se succèdent est en redondance avec l'autre élément de décor. On ne la voit pas… alors à quoi bon. A mon sens elle est inutile ou l'autre est sans intérêt, la cohabitation est excessive.

Grâce à la scénographie de Thomas Delord et à l'interprétation « démente » d'Angelo Bison on plonge aisément dans le discours d'Althusser, c'est absolument poignant.

Adaptation et mise en scène de Michel Bernard, avec Angelo Bison, scénographie de Thomas Delord