"Never more", de et avec Marine Sobel
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
09-07-2018

"Never more", de et avec Marine SobelEspace Alya à 22h05

du 6 au 29 juillet 2018

Never More :

la lente résurrection d'une héroïne

Elle est jeune, insouciante et plonge avec avidité dans les méandres des réseaux sociaux, des sites de rencontre, de ces lieux où il faut avoir une belle vigilance pour en sortir indemne. C'est si simple, on clique et hop… c'est la curée, ils sont tous derrière leurs écrans et leurs claviers à proposer le meilleur, le rêve à défaut de réalité.

Mais elle n'en a cure et plonge et replonge encore jusqu'au jour où c'est la chute, brutale, dure, cruelle... où elle va si loin qu'elle va avoir beaucoup de mal à revenir, et elle va sombrer s'étouffer reprendre souffle et peu à peu revivre normalement... mais il y aura des traces, on n'efface rien dans la vie. Nous sommes une succession de souvenirs qui se gravent dans notre mémoire. On peut lire chez Sartre « l'important n'est pas ce qu'on fait de nous mais ce que nous faisons nous même de ce qu'on a fait de nous » : tout est dans cette phrase.

Marine Sobel a écrit le texte un peu autobiographique, et l'interprète avec une fougue peu coutumière. Elle a une écriture vive, un ton tonique. On sent en elle un tonus peu commun.

Elle a demandé à Gian Carlo Ciarapica de faire la mise en scène. Il est coutumier de ces portraits de femme fortes ayant déjà fait de nombreuses mises en scène sur elles.

Il a choisi une scénographie toute blanche référence surement au milieu médical, l’hôpital, l’hôpital psychiatrique comme cocon salvateur, espace préservé pour se recréer.

La mise en scène est dynamique, syncopée, saccadée... on a parfois l'impression de manquer d'air, tout va très vite , tout nous absorbe.

Très belle image d'introduction dans cet aquarium d'où s'extirpe l’héroïne. Déjà on sent la violence du propos, la mise en abîme, la dureté de l'échange.

Deux univers sur la scène, le chez soi réduit à un banc/lit où règne l'ordinateur et l’hôpital psychiatrique symbolisé par un micro suspendu. Entre les deux un écran où se mêlent souvenirs et fantasmes. Et des poupées dont certaines démembrées... au milieu de cela l’héroïne se débat.

Un beau travail tant d'écriture que de mise en scène servis par une comédienne qui donne tout d'elle même et un metteur en scène aux petits soins de l'auteur.

de et avec Marine Sobel

mise en scène et scénographie Gian Carlo Ciarapica