"Vivre ne suffit pas", de Jean-Mary Pierre
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
09-07-2018

"Vivre ne suffit pas", de Jean-Mary PierreEspace Roseau Pétramale à 11h45
du 6 au 29 juillet 2018

mise en scène Hélène Darche

avec Pernille Bergendorff et Philippe Nicaud

Vivre ne suffit pas... il faut davantage

Ils sont mariés depuis vingt ans et toujours aussi amoureux l'un que l'autre. Anna vient de guérir d'un cancer et reprend goût à la vie avec une énergie peu commune, elle veut vivre intensément , vivre plus encore et le couple devient trop étroit, elle a besoin d'air de renouveau, d'horizons différents...

Elle aime toujours réellement Loïc mais sa maladie l'a transformée, elle a besoin de plusieurs vies pour rattraper le temps perdu et vivre intensément les années à venir. Elle propose à son mari un mode de fonctionnement entre eux qu'il n'apprécie pas au départ, mais il aime sa femme et comprend la soif qui l'atteint et à contre cœur accepte.

Dans un univers stylisé, un salon occupé par un canapé et derrière des claustras où filtre la lumière donnant accès aux autres pièces. C'est simple mais bien suffisant. Chaque scène est découpée par un intermède musical joué au piano et au violon, une coupure pour souffler, donner du temps au temps.

Le récit se déroule avec beaucoup de justesse, on comprend le besoin de vie qui saisit l’héroïne après le choc de sa maladie, quand la guérison est annoncée, c'est une libération qui enfin est là et il faut effacer les souffrances passées, les angoisses… il faut effectivement vivre et vivre avec intensité, la vie c'est si court.

Pernille Bergendorff est Anna, elle l'incarne avec une légère froideur nordique qui n'est étranger ni à sa silhouette ni à son accent, c'est absolument délicieux. Elle a une retenue, une force intérieure qui transparait sous ses propos, qui tissent la personnalité d'une femme forte et déterminée.

Philippe Ricaud est Loïc, il est amoureux et malgré la difficulté de ce que lui propose Anna, il accepte et rentre dans son jeu. Il est lui aussi déterminé mais il est sous influence, il a moins de force, plus de résignation...

Un récit très bien construit, très réaliste, qui prend en compte avec justesse le propos. Une écriture fort agréable interprétée et mise en scène avec bonheur. C'est comme un glaçon qui fond dans la gorge délicatement...