"École des femmes (L')", de Molière
Écrit par Jean-Michel GAUTIER   
25-07-2018

"École des femmes (L')", de MolièreThéâtre Notre Dame à 16h10 du 5 au 29 juillet 2018

« L'école des femmes » , comédie lyrique.

Un Molière dans la tradition

Nicolas Rigas est un metteur en scène plein de rigueur, fervent admirateur de Molière il n'a de cesse de le mettre en scène en cherchant chaque fois comment lui apporter un plus, une dimension supplémentaire, un ancrage dans notre siècle.

Sa solide formation de chanteur d'opéra le pousse à choisir des airs qui s'adaptent à merveille au texte du dramaturge.

Dans cette version de « l'école des femmes » il a sélectionné des airs d'Offenbach dont le propos est dans la veine de la pièce. Un mariage très réussi porté par une belle équipe qui entoure Nicolas Rigas dans son Théâtre du Petit Monde. On signalera en premier l’excellent Martin Loizillon dont la maitrise d'acteur n'est plus à signaler, on l'a vu dans de nombreux films, il est parfait dans le rôle du jeune premier, Horace. À leurs côtés Amélie Tatti une musicienne et chanteuse lyrique corse à la carrière pleine d'avenir tant son talent est grand incarne la jeune promise Agnès... Nicolas s'est réservé le rôle d'Arnolphe il lui va comme un gant. Ce dernier se fait appeler monsieur de la Souche, car il est vrai que cela sonne bien mieux. Son nom est une allusion à Saint Arnoul, que l'on appelait le patron des cocus du temps de l'auteur.

Dans cette pièce Molière met en avant un personnage qui a tellement peur d’être trompé par sa future femme qu'il la place dans une institution pour qu'elle ne réfléchisse pas et soit toute à sa cause. Ce faisant il disserte sur la condition féminine notamment sur l'éducation des femmes. D'ailleurs peut on dominer les gens sans risques et avec tant de certitude et à trop vouloir en faire ne finit on pas par faire tout sombrer ???

La suite nous donnera la réponse à cette interrogation.

On assiste alors à une « École des Femmes » pleine d'humour, de grivoiserie, de légèreté aussi, c'est là le point fort.

Le texte est là comme à son origine mais des cascades dans la tradition des arts martiaux, des parties chantées apportent des notes supplémentaires au propos de Molières. L'envol des corps et des voix apportent comme une fraicheur à un propos qui est en fait d'une grande causticité.

Ce travail pourrait devenir vieillot s'il n'était fait avec autant de justesse et si bien servi.

On a bien du Molière mais revisité dans un esprit qui n'aurait pas offensé l'auteur.

Une fois encore le Théâtre du Petit Monde a frappé les trois coups avec justesse et talent.

mise en scène par Nicolas Rigas

avec Nicolas Rigas, Martin Loisillon, Amélie Tatie, Salvatore Ingoglia, Romain Canonne, Jean Adrien, Nicolas Samsoen, Raphael Schwob, Philippe Hermelier, Benoit Hamelin, Sylvain Sounier, Antonine Bacquet, Philippe Branet