"Matin et soir", de Jon Fosse
Écrit par Aurélie COURTEILLE   
01-10-2014

"Matin et soir", de Jon FosseDu 11 septembre au 12 octobre 2014 au Théâtre de la Tempête - Cartoucherie
Durée : 1 h 50

Texte français de Terje SINDING
Adaptation et mise en scène Jacques LASSALLE
Avec : Julien BAL, Cécile BOUILLOT, Grétel DELATTRE, Rodolfo DE SOUZA, Jean-Claude FRISSUNG, Agnès GALAN

Année 1900, au matin :

Accueilli le long d’un rivage cachant la scène, nous assistons à la naissance de Johannes.

Son père, à l’orée de la porte de la chambre, écoute avec appréhension et bonheur sa femme accouchée. Il ne sait plus caché son émotion lorsque lui est enfin ouvert la porte de la chambre d’où ne lui parvenait uniquement jusqu’ici que gémissements et cris étouffés. Il découvre enfin son enfant : Johannes est né !

1980 : L’aube du soir.

Le rideau s’ouvre sur Johannes, homme âgé.

Alors qu’il se lève, il exprime son ressenti et s’étonne, sans comprendre, de percevoir les choses différemment. En effet, plus rien n’a de goût. Tout lui semble plus facile à faire. Et alors même qu’il sort pour aller pêcher, il se surprend à croiser son ami et voisin pêcheur qu’il croyait mort.
Ses repères spatio-temporels vont s’en trouver quelque peu troublés.
Il lui faudra du temps cependant pour réaliser et comprendre.

Il fait ainsi un premier pas vers cet individu qui l’accueille et l’invite à le rejoindre, dans l’amitié et la tendresse.
Ils partent ainsi pêcher, et lors de cette activité, revivent des moments particuliers.
Johannes se voit recroiser l’amour de sa vie puis ensuite son épouse, en compagnie de son ami pêcheur.
Il revient alors à la berge pour prendre conscience de sa mort, et rencontrer une dernière fois sa fille. C’est en croisant cette dernière et en ne réussissant pas à l’arrêter comme traverser par elle, qu’il prend enfin conscience de son état et se voit partir.

Sa fille le retrouve mort dans son lit, de sa belle mort.
Elle accueille son frère et le médecin pour que la mort de son père soit constatée.
Elle le pleure à chaude larmes, puis quitte la pièce.

Parallèlement, Johannes comprend enfin qu’il est mort, et demande à son ami pourquoi ne lui avoir rien dit.
Ce à quoi son ami lui répond qu’il lui a envoyé des signes mais qu’il n’était pas prêt à les entendre.
La vie ne serait-elle pas ainsi, faites de signes que nous ne voyons pas ou ne comprenons pas toujours, demandant du temps pour arriver au champs de la conscience ?

De manière très poétique, le metteur en scène joue de l’image de la berge et du passage de la rive pour raconter ce moment émouvant de traversée et d’au revoir aux siens.

Animé d’un fond sonore maritime calme et apaisant, c’est sous un éclairage tamisé que nous sont révélés les personnages et la scène.

Plongés dans un ailleurs et un nulle part ayant des allures de quotidien, le réalisateur nous fait revivre les scènes fortes et poignantes de cet homme. Par cette mise en scène de la réalité du monde, il nous invite à nous poser pour mieux contempler et apprécier la beauté du monde, de ces espaces et objets porteurs d’histoire(s).Les paysages, ces décors naturels et inventés, s’ouvrent ici tels de véritables livres d’histoires venant à rappeler, à qui veut bien les regarder, les instants de vie et l’âme de chacun.

Du Ma au Sa à 20h30, Di à 16h30
au Théâtre de la Tempête - Cartoucherie
Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris
Réservations : 01 43 28 36 36
M° Château de Vincennes (Ligne 1) puis navette Cartoucherie ou Bus 112, arrêt Cartoucherie